Le cirque divers n’exagérons rien

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Le point de vue critique et bienveillant de l’artiste Jacques Charlier…
Impressions subjectives nées d’une rencontre avec Jacques Charlier.
Liège, mars 2018, par RaF Pirlot, en collaboration avec Benjamin Monti et Carmelo Virone.

Quand on visite l’exposition montée par la Province de Liège, Regards sur le Cirque Divers, conçue sous l’œil avisé de Jean-Michel Botquin, y sont mises en avant les œuvres de plusieurs artistes reliés à divers degrés au projet déployé par le Cirque Divers de 1977 à 1999.

Il y a Lizène, évidemment, notre « tout petit maître liégeois », l’un des membres fondateurs du Cirque Divers. Et puis Orlan, aussi, dont la performance « Mesurage de la Place Saint-Lambert » fut l’un des actes esthético-politiques fondateur du Cirque Divers : des photos cultes, un moment culte, par une artiste devenue culte. Et puis d’autres artistes encore. Et puis un grand espace dédié au travail du liégeois Jacques Charlier, essentiellement à travers une collection faite de tissus imprimés portés par des mannequins…

Jacques Charlier : artiste, accueillant et accessible

Fils d’un artisan spécialisé dans les vitraux d’église, prof de B.D. à l’Académie, Jacques Charlier est né à Liège avant-guerre. À l’époque de la création du Cirque Divers, il est déjà un artiste accompli et acharné, même s’il est encore employé de la Province. Ce n’est pas tout à fait la même génération. Et bien qu’il gardera toujours des relations d’amitiés bienveillantes avec Stas, Antaki, Lizène et toute cette bande, il restera toujours un électron libre. Un artiste libre qui considère le projet du Cirque Divers avec une sympathie certaine et une certaine distance. Il nous livre un regard un peu plus extérieur, loin des anecdotes et des bons vieux souvenirs que d’autres nous ont livré avec talent…

Pour l’interview, nous débarquons un matin en force chez lui. Il habite une rue discrète sur les hauteurs de Liège, même s’il a beaucoup vécu ailleurs. Nous ne sommes pas moins de trois à avoir préparé cet entretien. Il faut dire que le travail de Charlier dans son ensemble n’est pas si facile à appréhender, et qu’en fin de compte, il n’est pas aussi connu que ça ici, chez lui. Alors que c’est un artiste qui compte sur la scène internationale. Nous nous sommes donc un peu préparés.

Il nous accueille dans son antre, ses ateliers, avec une décontraction toute liégeoise. Et tout de suite nous nous retrouvons plongés dans son univers. On reconnaît vite ses obsessions et ses différentes périodes. Charlier joue avant tout avec les images et sur différent niveaux. Il affectionne particulièrement les images archétypales de l’histoire de l’art, ainsi que les images issues des cultures populaires (pubs, média, etc.). Le travail de Charlier est à la fois référentiel et ludique. Difficile de ne pas trouver quand même chez lui un penchant certain pour la dérision et la mise en scène qui n’est pas sans rappeler l’esprit du Cirque Divers.

Une fois bien imprégnés des paroles et des œuvres du propriétaire des lieux, nous nous posons finalement tous les quatre dans une autre pièce au premier étage. On a un peu de mal à en venir sur le sujet du Cirque Divers. Peut-être n’a-t-il pas trop envie de parler de ça ? On parle d’abord un peu de Sainte Rita et des causes désespérées…

Liège dans les années 1960-1970 : d’abord quelques remous, puis tout d’un coup, tout un cirque, divers

« Je suis né en 1939, rue de Joie ! Ce n’est qu’après ‘68 que j’ai assisté à l’émergence de petits quelques choses ici. Mais même avant en Outremeuse, il y a eu bien eu quelques remous. En particulier Jungblut, la Galerie Yellow et les premières expériences d’art vidéo qui s’y faisaient. C’était complètement dans l’air du temps. Là je me suis dit que peut-être il se passe enfin quelque chose.

Mais bon, je vivais déjà beaucoup à Bruxelles et à Anvers où j’ai eu ma 1ère expo en 1962. Anvers m’a sauvé la vie ! Je ne vend toujours rien à Liège. C’est les Flamands qui me font vivre ! Anvers est beaucoup plus ouverte sur le monde que la Wallonie, dans l’art et ailleurs. On y trouve déjà en 1960 des galeristes extraordinaires. Mais un peu plus tard, quand je suis à la maison à Liège, je fréquente pas mal Roture. Il y a là une librairie, des cafés, la Maison Jaune, on y croise les Blavier… Peu à peu, toute une tribu de soixante-huitards prend possession du quartier. Parallèlement à ça, il y a aussi des évènements comme ceux organisés par « Arts et actualités » qui connaissent un gros succès, – mais c’est toujours la même chose à Liège : il existe un vrai public, mais on ne sait pas aller le chercher, on reste toujours dans un entre-soi de militants !

Alors comment je ressens le Cirque quand il ouvre en 1977 ? Internationalement, c’est déjà la fin du conceptuel. La performance tourne mal, dans le sang. Et autour d’Antaki, je sens l’influence de Ben et de Fluxus, et une volonté de faire des choses. Et j’accueille ça avec sympathie ! Surtout qu’autour du bar on retrouve les soixante-huitards, mais aussi les bourgeois qui viennent s’encanailler et les étudiants guindailler, c’était vraiment intergénérationnel. C’était unique ! Et puis le jazz et toute la liberté qui va avec… »

Le Cirque Divers : un projet sympa mais inabouti

« Mais, s’ils s’inscrivent dans l’air du temps artistiquement, c’est par intuition, parce que la bande du Cirque Divers connait mal ce qui se passe alors sur la scène internationale. Et je trouve leurs propositions parfois un peu maladroites ou inabouties… Il y avait un esprit infantile. Avec un peu plus de connaissances du milieu de l’art, pour moi, ça aurait pu aller un peu plus loin ! C’est pour ça que j’ai jamais été très proche du petit milieu liégeois. Mais le Cirque avait une force : il y avait un bar ! Et une scène ! Une petite scène où pouvait se passer tout, et n’importe quoi ! Mais toujours dans la connivence, dans l’entre-nous. Alors c’est sympa, mais c’est compliqué d’avoir un réel impact dans ces conditions ! Même le fait de croire que l’expérience menée en Roture fait partie de la culture populaire est une fiction. Et quand on invitait les mangeurs de boudin ou les concours de chants de coq, c’était toujours bien fait, mais quand même il y avait un côté “Strip-tease” – l’émission, qui refait parler d’elle –, ça me mettait mal à l’aise. Ca vient sûrement de mon environnement post-marxiste ! Mais c’est toujours très délicat de jouer comme ça avec la vie des gens. Moi-même, quand je photographiais mes collègues de la Province et que je les faisais entrer dans le champ de l’art, on m’a fait souvent ce genre de critique, que je les utilisais. Tout ce que je pouvais répondre, c’est “Mais j’y travaille aussi”…

Attention, je ne disqualifie ni l’ensemble, ni personne : ni Brigitte Kaquet et sa connaissance du théâtre, ni Stas pour la galerie, ni Jaminon pour le jazz. Sans eux, Antaki n’est pas grand chose ! Mais au delà de quelques connexions avec l’Ulg ou la RTB, Le Cirque n’a pas pour moi eu l’influence qu’il aurait pu avoir.

Par contre pour terminer sur un truc que j’aimais : c’est le Petit mensuel ! Alors ça c’était formidable ! Tout le travail autour du mail art, des détournements. J’aimais y participer et on me laissait carte blanche. Quand on revoit dans l’expo la série sur la politique liégeoise, c’est hilarant. Bucquoy me faisait rire et tombait bien aussi. C’était de l’infantile, mais qui troublait vraiment l’ordre ambiant.

Voilà. J’espère ne pas vous avoir trop décu ! »

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