On trouve toujours plus con!

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L’ignorance mène à la peur. La peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l’équation.
Ibn Rošd dit Averroès.

Prolégomènes
Génial ! Notre éminent gouvernement a un plan : détricoter le tissu social, supprimer les allocations de chômage, la sécurité sociale, la mendicité, la drogue, les putes… Rendre nos rues aussi fliquées et tristes qu’une salle de douche dans un camp de la mort du troisième Reich. Réduire, jusqu’à les faire fondre, les subsides alloués à la culture et à l’éducation… Trompeter la grande crise, désigner des boucs émissaires et bien sûr, préparer la guerre, l’avènement du surboum ! ! Viva ! !

Je ne suis pas raciste mais…
Quand vous entendez cette phrase dans la bouche de quelqu’un, fuyez à toutes jambes ! Car il y a de fortes chances pour que ce qui suive soit une bonne grosse saloperie xénophobe !

Est-il vrai que les nègres ont une grosse bite ? En tous cas, ils ont le sens du rythme et c’est beau de les voir, danser et chanter. Ces types sont vraiment doués pour la musique ! Constamment de bonne humeur, ils passent leur temps à s’amuser et à rire. Mais ils regimbent quand on veut les faire travailler et ne sont finalement qu’une bande de menteurs et de voleurs. Ils ne sont pas très malins, chez eux, c’est plein de dictateurs…

Un homme puissant
Jean Cochon, premier ministre de Banana est un homme comblé. Son épouse, jeune et belle comme une starlette hollywoodienne est excessivement timide et ne sort jamais de son château. Ses enfants sont impeccablement propres, sages et font exactement ce qu’on leur dit de faire : étudier, se taire, épouser un bon parti et contribuer ainsi à l’accroissement du patrimoine familial.

À cinquante-cinq ans, Jean Cochon est déjà riche, très riche. Il est administrateur de plusieurs sociétés, publiques ou privées, directeur d’une grosse banque, propriétaire de nombreuses actions juteuses et secrétaire général de son parti politique : Nouvelle Vision Pour Banana (la NVPB, parti que l’on situe bien à droite de la droite). Laquelle formation a triomphé aux dernières élections avec des scores si élevés qu’elle a pratiquement obtenu tous les sièges du parlement.

Dès lors, Cochon pense qu’il peut agir à sa guise. Sans plus de respect pour la constitution bananienne et le principe de séparation des pouvoirs qu’il n’en a pour son peuple, il s’octroie de facto le droit de cumuler plusieurs fonctions au sein du nouveau gouvernement.

Outre le titre de premier, il se catapulte à la tête de différents ministères, justice, défense, affaires étrangères, intérieur, en charge de la sécurité du territoire, etc. Florilège de mandats qui s’avèrent, pour qui sait y faire, une sacrée foutue bonne affaire ! Sa carte de crédit est en diamant, ses maîtresses sont des bombes !

Le livre du Chef ! Extraits :
Dix propositions pour un monde plus fort et l’avènement du surhomme ! Texte confidentiel à l’usage des initiés par Le Président de la NVPB, Son Excellence Mr Jean Cochon, Grand Maître Compagnon de la Loge Adventiste (classé secret !)

LOI 1 : L’organisation de la société sera autoritaire. On imposera une discipline absolue. Toute joie sera proscrite ainsi que le rêve. Seuls un dur labeur et la souffrance endurée, l’entier sacrifice de sa chair et de son temps seront pris en considération dans l’appréciation des potentialités et des progrès du citoyen-travailleur. Tout comportement déviant ou créatif sera sévèrement condamné.

LOI 2 : L’image idéale d’une élite inaccessible – riche, toujours jeune et en bonne santé – sera imposée comme modèle à la valetaille. Dans sa recherche effrénée de bonheur et de réussite – convenablement dressée – celle-ci sera prête à tout pour ressembler et agir comme ses icônes et maîtres, fût-ce au mépris de sa conscience, de sa morale personnelle et de sa propre vie.

Galaxie d’Andromède
Système de Beljik
Planète waollifornaze
Année 12.768.567.021 AP BB
Litch, capitale de Waollifornaze.

Le grand conseil des sages est convoqué pour un conclave extraordinaire. Les membres de cette vénérable assemblée émanent de plus de cent planètes et de douze systèmes solaires différents et ils ne se réunissent qu’au fait de circonstances exceptionnellement graves.

Dans quatre milliards d’années, Andromède entrera en collision avec la Voie Lactée. Pour l’heure, 2 millions 54 milles années lumières séparent encore nos deux galaxies, mais c’est à la vitesse effrénée de 430.000 Km/h qu’elles se rapprochent.

Immanquablement, un jour, elles se rencontreront.

D’abord, elles se tourneront autour, ébauchant le mouvement d’une prodigieuse danse astrale. Puis, elles s’échangeront leurs gaz, leurs soleils, leurs planètes… Leurs longs bras d’étoiles s’enlaceront, s’étreindront, se baiseront et enfanteront une nouvelle galaxie géante : Lactomède…

Mais ce n’est pas ce phénomène astronomique – somme toute assez banal – qui inquiète le grand conseil des sages.

Ce que les waollifornaziens redoutent par-dessus tout, c’est la perspective de vivre dans le voisinage de ces incorrigibles terriens ! De supporter l’incurie de leur gouvernance, de subir leur irrévocable bêtise et de souffrir leur violence chronique et maladive. Comment empêcher que cela advienne ?

Las, après 999 années et 364 jours de délibérations, aucune des solutions proposées n’emporte l’adhésion des grands sages. Pourtant, la loi waollifornazienne est très claire : une discussion ne peut excéder les 1000 ans ! Il faut conclure.

Le grand modérateur Clauw Dgeu D’Ji Vou D’jin Pou donne l’ordre de battre le gong fatidique. Les débats sont clos. Un silence pesant comme l’échec tombe sur la grande salle du palais.

L’inestimable Claw Dgeu prend alors la parole : « Mes honorables pairs ! Cela fait bientôt 1000 ans que nous parlementons sur le sort que nous devons réserver à ces turbulents humains… et nous ne sommes même pas parvenus à l’esquisse d’un compromis. Pourtant, vous savez comme moi qu’une décision à l’unanimité doit être adoptée séance tenante. Il nous faut nous prononcer ! »

Dans l’auguste assistance, nul ne pipe mot. Le temps s’enroule en spirales embarrassées.

C’est alors qu’une voix claire et suave de femme s’élève au-dessus des cervelles muettes. Avec poumon, elle s’écrie : « Compagnons, nous avons raison de redouter les événements à venir. Et beaucoup d’entre nous ont exposé des points de vue bien différents sur la façon de résoudre cette affaire. Néanmoins, hors de nos débats, il m’a semblé que deux solutions – malheureusement complètement opposées – se dégageaient.

La première, la plus simple et la plus définitive, consiste tout bonnement à éradiquer l’humanité. La deuxième, plus délicate mais sans doute plus généreuse, serait de tenter une dernière fois d’éduquer ces sauvages pour qu’ils cessent de nuire. Laquelle des deux est la plus juste ? Je ne saurais le dire. Mais pourquoi, sur l’heure, devrions-nous décider d’une question aussi grave ? »

Des hochements de têtes contrariés ainsi qu’un murmure réprobateur courent le long des travées. Mais la belle ne se départit pas de sa fière allure. Autoritaire, elle lève une main apaisante sur tous : « Mes amis ! Ne vous méprenez pas ! Loin de moi l’abjection de l’insulte. Mon intention n’est pas de bafouer nos lois, mais comme il nous reste encore un peu de temps, voici ce que je vous propose… »

Quand elle termine son discours, une sérénité retrouvée habite tous les esprits. Chacun loue l’immense sagesse d’Innana Djâl Môssi à Soth, la redoutable guerrière, la sublime poétesse, l’hiérodule de la déesse Ishtar, tandis que chacun en-dedans de soi admire son époustouflante beauté. Après un long moment de pénétrante méditation, la voix du grand modérateur clame haut et fort : « Qu’il en soit ainsi ! » et tous reprennent en cœur « Qu’il en soit ainsi ! » Le sort de la terre venait d’être tranché !

Je ne suis pas raciste mais…    
L’Arabe est fourbe. Les traits anguleux de son visage inspirent l’hypocrisie, la cruauté, la trahison. À l’instar de tous les peuples méditerranéens, il est paresseux. Il répugne à se raser et porte une longue barbe de prophète car il est très religieux ! Il peut prier jusqu’à cinq fois  par jour Allah, sorte de divinité méchante et facétieuse qui lui interdit d’être saoul mais qui ne l’empêche pas de fumer de l’opium ou du haschich !

Outre ses chèvres et son dromadaire, l’Arabe possède de nombreuses femmes qu’il enferme dans d’immenses tentes pleines de coussins et de tapis, qu’il appelle son harem.

Mais il est trop sensible et la vue d’une bouche, d’une oreille, d’un nez ou d’une mèche de cheveux lui cause une excitation irrépressible qu’il ne peut contenir. Ainsi, il oblige ses moukères à porter un voile sur le visage. Correctement posé, ce morceau d’étoffe offre le double avantage de l’empêcher de violer tout ce qui bouge, en même temps qu’il dissimule les traces de coups qui bleuissent les joues de ses belles. Car l’Arabe est effroyablement possessif et jaloux.

À part la prière, la fumette et la baise, l’Arabe ne fait rien. Toute la sainte journée, il s’assied en terrasse avec d’autres barbus. Il boit plein de thés à la menthe ou des cafés sucrés. Il joue aux cartes et discute avec ses complices en préparant de mauvais coups. Entendu que sa perfidie est légendaire et qu’il est très malin et très dangereux. Parfois même, son orgueil le pousse à se faire exploser en public en hurlant la grandeur de son dieu  !

Abdel, un p’tit ket bien de chez nous  !
Abdelraman Bajedoub (qui n’est pas croyant) n’est jamais allé au Maroc. D’ailleurs, il n’a presque jamais quitté son quartier de Molenbeek, du côté de la rue Ribaucourt à Bruxelles. Il a bien fait quelques expéditions à la mer du nord et même, un week-end, il est allé à Paris pour assister à un concert de «  La Rumeur  » et boire des coups avec son pote Rachid (qui n’est pas un voleur), mais à part ça, Abdel (qui aime son pays Banana) est plutôt sédentaire et Bruxelles, sa ville, son ghetto, est l’endroit où il se sent le mieux.

Il ne parle pas arabe, Abdel (qui n’est pas dealer de drogue !) Son père Youssouf Bajedoub (qui n’est jamais allé en prison) est un fils d’immigré originaire de Safi, tandis que sa mère Nour née Baddou (qui n’est pas une pute) est une berbère de la région de Mèknes. Ils ne parlent donc pas la même langue. Chez eux, en famille, on parle le français. Enfin, ce melting-pot de mots et d’expressions qu’on ne trouve que dans des villes pleines de nationalités hétéroclites… une ville comme Bruxelles  !

Je ne suis pas raciste mais…
Les peuples slaves sont capables de franchir des kilomètres pour chercher des jobs en noir. Ils travaillent jour et nuit pour des salaires de misère. Bourrés de produits laitiers et de stéroïdes, ils ressemblent tous à des « Ken » et peuvent t’écraser la gueule d’un coup de poing rageur ! S’ils sont forts et courageux, les Slaves ne sont pas fiers pour un sou et se saoulent (comme des polonais) à la vodka bon marché jusqu’à en tomber par terre. Leurs femmes péripatéticiennes réputées sont belles comme des « Barbie » mais attention, car leurs beaux yeux mélancoliques et doux sont des pièges où plus d’un malheureux s’abîme…

LOI 3 : La structure sociale et hiérarchique existante est la seule réalité politique. L’univers exclusif d’excellence où les qualités et les défauts des sujets s’exposeront à la loupe. Leurs vies seront constamment évaluées et réévaluées, tandis que pour entretenir la confusion, on n’aura de cesse de les distraire et de les troubler par des jugements contraires tels que la survalorisation et la dévaluation, caresse de la flatterie suivi par l’affront d’une gifle, etc. Tout sera fait pour que le sujet soit sans relâche sous tension, tendu vers les tâches qu’exigent ses chefs, sa société, son monde.

LOI 4 : Les membres de la société devront constamment se sentir seuls. On introduira la discorde dans les groupes, on répandra la rumeur, la suspicion, la parano. On se débarrassera des gêneurs.

Un email déroutant !
Terriens ! Je suis la pute, poète et guerrière Innana Djâl Môssi à Soth de Waollifornaze du système de Beljik.

Ma planète tournoie quelque part à la périphérie de la galaxie NGC224 à quelques 2,54 millions d’années-lumières de votre voie lactée. Évidemment, vous en ignorez l’existence. Qui, sur terre, se soucie de Beljik ou de Waollifornaze ?

Ses deux soleils – étoiles de type naine rouge – teintent ses océans de reflets roses violacés. Nitescence immuable qui offre à notre atmosphère un climat doux et paisible. La nuit, six lunes émeraudes ainsi qu’une myriade d’étoiles argentées ravissent et inspirent plus d’un explorateur et poète…

Mais, je ne vous contacte pas pour vous peindre un tableau idyllique et enchanteur de mon monde.

Je veux vous mettre en garde. Dans quatre milliards d’années, ma galaxie va fusionner avec la vôtre et chez nous, on s’inquiète fort des conséquences de notre rencontre. Déjà ? vous étonnerez-vous…

Vous devez comprendre que ma civilisation est très différente de la vôtre – elle est très ancienne – et que nous vous observons depuis toujours… Nous vous avons souvent rendu visite dans nos vaisseaux supraluminiques, ces fameux ovnis qui vous ont tant fait jaser ou effrayés.

Il faudrait aussi que vous conceviez que notre rapport au temps et à l’espace est très dissemblable du vôtre. Que représentent quatre milliards d’années pour une civilisation qui maîtrise le voyage dans l’espace-temps ? ÉTERNELLEMENT NOUS SOMMES CONS-CIENTS DES CAUSES ET DES EFFETS DE NOS ACTES ET DES LOIS QUI RÉGISSENT L’UNIVERS !

Autrefois, nous avons pu espérer que nous pourrions devenir bons voisins ou même alliés. Hélas, cette chimère n’est plus d’actualité ! Nous sommes à deux doigts de vous atomiser !

Votre planète est très accueillante et très belle. Peu d’endroits dans l’univers jouissent, comme le vôtre, d’une faune et d’une flore aussi luxuriante. Pourtant, votre monde va bien mal ! D’abord, il y a ce réchauffement climatique qui s’annonce bien plus grave que prévu. Nonobstant, alors que vous subissez déjà de fréquentes calamités, vous continuez de tout dégueulasser et détruire.

Quant à la sagesse de vos politiques et la pertinence de vos systèmes économiques… Â ! Foutre Merde ! Ça n’est guère mieux. Depuis des milliers d’années, nous assistons médusés et scandalisés à vos révolutions pour du beurre, à vos incessantes guerres, à votre histoire en boucle qui semble à jamais condamnée à se répéter. Partout dans vos sociétés règnent la détresse, la maladie, la violence et la mort.

Â ! Sainte Pute !

Au nom de mon peuple, je vous l’ordonne : Arrêtez ! Ou bien l’univers continuera… sans vous !

Demain, je survolerai les continents de votre monde et seul ce que j’y découvrirai décidera de votre avenir. Si avenir il y a. Qu’il en soit ainsi ! Salut !

Je ne suis pas raciste mais…
En Extrême-Orient vit un petit peuple belliqueux qu’on appelle les Japonais. Ils travaillent tout le temps et construisent des machines de haute technologie sur des plans piqués aux Américains qui les avaient piqué aux Allemands. Quand ils ne travaillent pas, les Japs (nom sympathique qu’on leur a donné durant la guerre) s’adonnent aux arts martiaux, sorte de sport de combat qui permet de voler dans les airs et de tuer un rival d’une pichenette.

A l’instar des Arabes, les Japonais sont très fiers. Quand ils sont furieux, ils sont capables d’écraser leurs propres appareils sur les navires ennemis.

Ils mangent du poisson cru et aiment renifler les culottes souillées des petites filles.

Les prostituées japonaises sont très jolies, mais elles se ressemblent toutes et exhibent une épaisse toison de poils noirs entre les cuisses qui floute leur sexe mystérieux.

LOI 5 : Officiellement, on collabore tous à une société paisible et parfaite, mais par la manipulation et le mensonge, en taquinant habilement les sujets à l’aide du bâton et de la carotte, on fera de chaque membre de cette société un adversaire pour l’autre. Le monde deviendra un grand théâtre dramatique où une compétition acharnée – plus ou moins consciente – se jouera entre tous. Faisant de chacun un concurrent à battre ou à abattre.

LOI 6 : Les informations seront administrées avec parcimonie entre nécessité du partage et souci du secret. Partage d’une certaine connaissance distillée au compte-gouttes et secret (des dieux) jalousement gardé de cette même connaissance, que le quidam n’aura jamais mais à laquelle il devra toujours aspirer. S’il ne le fait pas, il ne pourra jamais s’élever. Car sa société est juste et la meilleure qui soit. C’est avec humilité et sérénité qu’il acceptera sa condition précaire, sa médiocrité, ses échecs répétés. Comme il est seul responsable de son état, il n’a aucun droit de se révolter.

Ambiance au 16 rue de la Discipline
« C’est une blague ? » s’informe avec un petit gloussement nerveux Magda Lélégance, la Secrétaire d’Etat à l’écologie, la santé publique et au commerce de viande. Mais, ses collègues du gouvernement n’ont pas envie de rire du tout. Ils ont peur.

Dans les rapports des services secrets, rien n’indique que le message apparu sur l’ensemble des écrans du monde soit l’œuvre d’un plaisantin, d’un hacker anarchiste ou d’une puissance étrangère. Ces extra-terrestres existent peut-être après tout…

Tous lancent des regards interrogateurs vers leur guide, son excellence Cochon. Mais celui-ci dessine des arabesques dans la marge du dossier posé devant lui sans desserrer les dents.

« Nous devrions peut-être changer de politique ? », hasarde Jan Gestapo, le frêle ministre de l’éducation, des sports, de la culture et des jeux de hasard.

« Sluit op !, hurle soudain le chef, vous n’allez quand même pas croire à cette menace extra-terrestre ? Vous oubliez notre projet pour Banana ? Vous allez abandonnez notre plan parce qu’une pute d’alien nous fait du chantage ?

« Nous ne sommes pas en mesure de connaître la vérité sur ce curieux message. Mais si nous ne le pouvons pas, nos ennemis non plus. Nous allons montrer à tous que nous gardons la main. Que rien ni personne ne peut nous faire plier. Au contraire, je veux radicaliser notre politique, alourdir la pression sur la population, rendre le peuple exsangue et effaré, remplir nos prisons et nos cimetières et pour ce qui de notre grand projet, j’ordonne que nous accélérions les préparatifs militaires et que commence dès demain une série d’attentats qui doit plonger le pays dans la terreur et la haine de l’autre. » Il avale une gorgée d’eau de Vichy et reprend : « Avec le ministre de la propagande Georges Bouche, nous allons lancer une formidable campagne de propagande que tous les journaux et les médias de Banana devront diffuser. J’ai dit ! Fonce à mort Banana ! » « Fonce à mort Banana ! » reprend d’une seule voix le parterre de ministres revigorés !

Le souvenir d’Abdel
Il a trois ans, peut-être quatre, il est à la crèche communale. C’est l’après-midi, il fait chaud. Les bambins sont censés faire une sieste avant de reprendre leurs jeux. Abdel (qui aime le saucisson) ne parvient pas à s’endormir avec ces grosses bottines aux pieds. Il transpire, il a mal, il gigote. Il entend les maîtresses qui parlent entre elles. La plus jeune qui demande : «  … Hé ! celui-là, il ne faudrait pas lui enlever ses souliers ? » Mais sa chef hausse les épaules et tout en regardant le petiot avec un air de reproche, elle répond : « Ooh, mais le petit Abdeeeel (qui a les yeux doux) saiiiit trèèèès bieeeen qu’on lui enlèvera ses bOOttiiiillons quand «  ILS  » le laveront. Beeek, toucher ses petits pieds dégoûtants, je n’ai pas envie de puer la bouse de dromadaire toute la journée ! » Alors, en riant, elles s’éloignent.

À ce moment, sans trop savoir pourquoi, silencieusement, Abdel (qui n’a jamais égorgé de mouton) pleure… même s’il n’a pas tout compris de ce ques disaient les dames… c’est bien plus tard, quand il s’est rappelé, qu’il a compris.

LOI 7 : Tous les membres de la société seront tenus de se surveiller les uns les autres. Qu’ils soient voisins, amis ou frères importe peu, puisqu’ils ont tous le devoir sacré de s’espionner pareillement. Chaque lieu (largement doté de micros et de caméras de surveillance), chaque espace de travail ou de vie, matériel ou spirituel, sera scrupuleusement agencé pour que nul n’échappe au contrôle du chef et de tous. Non seulement les ordonnances urbanistiques, mais aussi intra-muros, la mince épaisseur des murs et des cloisons, l’orientation des portes et des fenêtres, la disposition du mobilier, l’organisation des loisirs, la gestion du sommeil, etc. Tout devra être à la fois transparent et opaque, visible et secret, pour inspirer la peur, la paranoïa…

Je ne suis pas raciste mais…
Les Chinois sont des faux-jetons dont il faut se méfier. D’ailleurs ils sourient quand ils ont peur. Ils sont dégoûtants sous leurs robes de soie. Dans leurs nombreux restaurants, ils servent du chat et du chien à des naïfs qui ne peuvent distinguer le goût du poulet au soja de celui du canard à l’orange.

Ils fument (comme des Turcs) de l’opium et rêvent… Ils vivent les uns sur les autres comme des sardines dans leurs boîtes, ils rêvent donc d’envahir le monde ! Méchants Chinois !

Leurs femmes les détestent si fort qu’elles n’aspirent qu’à s’enfuir de chez eux. Alors ces cruelles faces de citrons – grands spécialistes en tortures diverses – leur cassent les doigts de pieds et enserrent ceux-ci dans des souliers trop petits pour qu’ils restent ténus. Ainsi, sur les chemins de l’immense Chine, on peut voir des groupes de femmes qui courent à petits pas, leurs horribles visages hépatiques tordus par la douleur.

La conversion d’Abdel
Abdel (qui n’a aucune envie de se faire exploser) en a marre de son boulot de merde. Il travaille à temps plein dans un snack du centre. Il ne rentre chez lui que très tard dans la nuit. Perpétuellement, ses vêtements, ses cheveux et sa peau puent la graisse de frite.

Pourtant, ce n’est ni un paresseux, ni un imbécile Abdel (qui se fout complètement de niquer septante vierges dans un hypothétique au-delà). Il a brillamment conquis son diplôme en criminologie à la Vrije Univesiteit de Bruxelles et il parle couramment quatre langues. Le français, le néerlandais, l’anglais et l’espagnol.

Mais, dès qu’il se présente à une place, on lui fait comprendre qu’il n’est pas le bienvenu. Peut-être n’est-il pas assez blond ou que sa peau est trop foncée  ?

Un jour, fatigué d’essuyer tant de désillusions et d’insultes, Abdel rentre dans une mosquée…

Je ne suis pas raciste mais…
Il y a plus de 2000 ans qu’en cachette, les Juifs dirigent le monde. Ils détestent les Arabes, leurs frères sémites et ils ont entamé avec eux une guerre éternelle et sacrée !

Les Juifs sont immensément riches. Ils possèdent toutes les banques et toutes les galeries d’art des grandes capitales. Certains les haïssent beaucoup pour ça. Alors souvent, on les massacre, on les pogromise, on les gaze, on les cuit.

Adonc, leurs femmes pleurent à chaudes larmes en étouffant leurs enfants d’un amour inconditionnel. La maman juive se sait coupable d’avoir fait l’amour et elle gâte bien trop ses enfants !

LOI 8 : Les salaires de tous les employés côtoieront les bas-fonds. Ils seront constamment revus à la baisse. La limite de cette descente se situe juste au-dessous du seuil de leur tolérance. Nous conjecturons qu’il n’y a pas de limite. Sans répit ils craindront la punition alors qu’ils seront toujours en quête d’une récompense. De plus, des ordres peu clairs et contradictoires renforceront leur peur de mal faire et le sentiment de leur propre infériorité devra rendre évident la supériorité du grand manager, seul détenteur du savoir inaccessible.

LOI 9 : Même si les sphères dirigeantes se présentent avec le sourire, comme une élite impitoyable que rien ne peut atteindre, chez eux aussi sera entretenu un climat de compétition féroce où chacun garde toujours à l’esprit que la moindre erreur peut précipiter sa chute. Il va sans dire que le vrai pouvoir est ailleurs. LE VRAI POUVOIR EST CACHÉ !

Et que dire de l’âme russe, de l’esprit français, du flegme britannique, de l’efficacité allemande, de la régularité suisse, de l’amour à l’italienne, du sens de la fiesta espagnole, etc.

Epilogue : Le choix !
« Boire du vin, chatouiller des jolies comme des tulipes.
C’est mieux que cafarderies et hypocrisies des dévots
S’ils sont damnés, ceux qui font l’amour et boivent du vin
Personne alors ne verra la face du ciel. » (Omar Kayyam)

« Si une femme n’est pas voilée, qu’elle se coupe les cheveux ! S’il est honteux pour une femme d’être tondue, qu’elle se voile. L’homme ne doit pas se couvrir la tête puisqu’il est à l’image et à la gloire de dieu, tandis que la femme est à la gloire de l’homme… » Paul de Tarse (saint Paul)

Alors qu’une vague d’attentats sans précédent terrorise Banana, ses forces armées mènent des attaques chirurgicales sur des cibles stratégiques (comme des marchés populeux, des écoles, des hôpitaux, des piscines, des centres urbains…) en Afrique et au Proche-Orient.

Abdel (qui n’est pas barbu) explose avec sa mosquée, cent trente-deux de ses coreligionnaires innocents et le kamikaze Jean-Michel Leblanc, un jeune chômeur désespéré qui a, depuis peu, rejoint un groupe d’extrême-droite proche des milieux judiciaires…

Le puissant astronef waollifornazien atteint les confins de son système solaire, à plus de douze milliards de kms de sa planète d’origine.

À son bord, la divine Innana actionne une manette qui la propulse dans l’hyperespace à vitesse supraluminique. En quelques secondes à peine, elle atteint la terre !

Ce qu’elle y découvre ne lui plaît pas du tout !

C’est ainsi que plus tard, dans les annales de l’univers on peut apprendre comment sur une planète insignifiante, une espèce médiocre et méchante est parvenue à transformer une civilisation ancestrale et sage en crapule génocidaire !

штрајк

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