L’affaire Standard-Waterschei

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Au début des années 1980, le Standard domine le football belge et commence même à s’imposer sur la scène européenne. Le 12 mai 1982, il doit d’ailleurs disputer sa première finale de coupe d’Europe, celle des vainqueurs de coupes, contre le FC Barcelone à domicile au Nou Camp. Mais quatre jours avant, le 8 mai, il doit d’abord assurer son triomphe en championnat de Belgique en battant, à Sclessin, l’équipe limbourgeoise de Waterschei (un club de Genk). L’ennemi anderlechtois est à seulement deux points derrière. À priori, rien d’impossible : un nul suffirait au Standard et Waterschei, déjà sauvé, a la tête ailleurs puisque l’équipe doit disputer la finale de la coupe de Belgique quelques jours plus tard.

Pourtant, Raymond Goethals, dit Raymond-la-science, l’entraîneur du Standard, panique. Il est persuadé qu’il existe un complot pour ne pas faire gagner son équipe. Il craint également qu’un match trop difficile à négocier ne coûte trop cher en énergie avant la finale contre le Barça et a peur qu’une blessure ne vienne toucher l’un ou l’autre de ses pions majeurs parmi ses troupes. Il réussit alors à convaincre les dirigeants et les joueurs qu’il est nécessaire de demander aux joueurs de Waterschei de « lever le pied ».

La combine se monte assez facilement : le frère du Standardmen Gérard Plessers jouait à Waterschei et le capitaine de cette équipe, Roland Janssen, était le voisin d’Eric Gerets, célèbre capitaine du Standard. Ces deux derniers négocient les primes (d’une valeur de 420 000 FB, soit environ 10 000 €) censées récompenser la collaboration des joueurs limbourgeois. Évidemment, la comptabilité du club liégeois masquera cette sortie de liquidités.

Fin 83, le juge Bellemans qui enquêtent sur les comptabilités des clubs professionnels belges tombe sur des irrégularités dans la compta du Standard. En remontant le fil, il fait exploser l’affaire Standard-Waterschei qui éclate fin février 1984.

Quelques semaines plus tard, l’Union Belge rend son verdict : Raymond Goethals et Roger Petit (dirigeant historique du club) sont radiés. Les joueurs Jos Daerden, Walter Meeuws, Théo Poel, Simon Tahamata, Michel Preud’homme, Gérard Plessers et Guy Vandersmissen sont suspendus un an (réduit à six mois en appel). Leur ex-capitaine, Eric Gerets (alors joueurs du Milan AC) écope lui de trois ans de suspension (réduits à deux en appel). Tous les joueurs sauf trois d’entre eux quitteront Sclessin. L’équipe du Standard est décimée en un rien de temps et l’histoire du club sera marquée au fer rouge par cette affaire. Il faudra attendre vingt-cinq ans pour voir un autre titre de champion de Belgique revenir en bord de Meuse…

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Sommaire n°228 été 2016