Alerta Network

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Les stades de foot n’ont évidemment pas été épargnés par la remontée de puissants mouvements d’extrême-droite dans les sociétés occidentales durant ces dernières décennies. Bien au contraire, depuis bien longtemps, les tribunes ont souvent servi de repère et de plan comm’ pour des groupuscules néo-nazis prompts à surfer sur la vague hooligan. L’image du supporter de foot comme parfait cliché du gros raciste bien facho n’est pas pour autant justifiée par la complexité de la réalité de terrain : elle ne concerne qu’une minorité, certes très visible.

Si une partie importante des groupes de supporters peut être rangée dans la catégorie a-politique, de nombreux autres combattent frontalement l’extrême-droite dans et hors des stades. Les Ultras Inferno qui animent la T3 pendant les matchs du Standard, héritiers de l’anti-fascisme et de l’anti-racisme militant du Hell Side, sont ainsi membres de l’Alerta Network, qui connecte plusieurs groupes ultras européens soucieux de jouer un rôle actif en tribune (politiquement et culturellement).

Sur le site de ce réseau on peut lire : « Nous sommes en alerte : nous luttons contre la répression qui tente de détruire notre culture, la xénophobie que nous rencontrons dans les tribunes et l’ensemble des mauvaises situations qui entourent le monde du football. Notre réseau se conçoit comme un processus, un état d’esprit et un mouvement et nous sommes impatients de voir de plus en plus de groupes nous rejoindre dans notre lutte. »

Dans l’Alerta Network, on retrouve notamment les Bukaneros du club madrilène du Rayo Vallecano, les Ultras Sankt Pauli (Hambourg) ou encore ceux de l’Hapoel Tel-Aviv. Tout ce beau monde organise des rencontres annuelles pour discuter politique, élaborer des plans d’action, jouer au foot et boire quelques bières en faisant la fête. Ils n’est pas rare de les retrouver de temps à autres aux Mondiali Antiracisti qui ont lieu chaque année en Émile-Romagne (Italie). Ce festival, créé en 1997, a pour but de réunir, à l’occasion d’un grand tournoi, groupes de supporter de foot, collectifs politiques et migrants.

Historiquement, l’orientation antifa militante du Hell Side d’abord et des Ultras Inferno ensuite n’est sans doute pas étrangère à l’absence d’une mouvance d’extrême-droite à Liège. Ces deux groupes ont fait et font preuve dans et hors du stade d’une décision et d’une vigilance visant à imposer sur les places publiques liégeoises les bases de leur programme politique : pas de fascistes dans nos tribunes, pas de tribunes pour les fascistes.

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Sommaire n°228 été 2016