À la recherche du poudingue

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Savez-vous que notre belle Wallonie mosane repose en partie sur du poudingue? De Durbuy à Malmédy, le long de l’Amblève et de la Warche, on trouve une bande presqu’ininterrompue d’une roche ancestrale unique en son genre. Et on a même du poudingue d’origine fluviale et non maritime, ce qui en fait un objet de curiosité unique au monde! Les géologues l’appellent « Poudingue de Malmédy ».

Le poudingue wallon est solide, irrégulier mais plein de rondeurs, protéiforme, un peu bordélique, mystérieux… Il tire majoritairement sur le rouge-rose. La roche de poudingue, c’est un peu comme la tête de Tchantchès: dure, revêche, peu malléable, entière, résistante, rougeaude!

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Évidemment, Poudingue vient de «pudding». Parce qu’avec ses galets pris dans le ciment naturel, il ressemble à un conglomérat pâteux avec des morceaux de raisins secs ou de fruits confits.

J’avais entendu dire qu’il y avait des rochers et pas loin des maisons en poudingue vers Tilff, en région liégeoise. Jamais je n’ai trouvé ces foutus rochers dans la forêt. Faut dire que les indications du GPS de ma Dacia valent pas une bonne vieille carte militaire au 1:50 millième ! Par contre, j’ai bien trouvé les maisons du Quai des Pêcheurs à Méry. Mais lesquelles sont en poudingue? Les premiers habitants que je croise ne connaissent même pas le mot! Et je n’ai que quelques intuitions… J’allais repartir dépité quand je tombe sur la proprio sympa d’une des maisons que j’avais prise en photo. Elle est intarissable et m’explique une masse de trucs : d’où viennent les pierres, comment les reconnaître…

Les jours suivants, l’oeil cette fois aguerri, je mets le cap vers Wéris. Et là, j’en vois partout ! De belles « briques » dans les murs de toutes les vieilles fermes et bâtisses, et aussi de grandes pierres décoratives devant les façades de maisons plus modernes… À gauche, à droite, je m’arrête pour prendre des clichés tous les 20 mètres! Je parle poudingue avec de vieux autochtones, d’abord méfiants, puis amusés…

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À Wéris, tout est en poudingue : l’église, le monument aux morts, le lavoir… Et bien sûr, les fameuses mégalithes, menhirs, dolmens et autre lit du diable, qui se dressent là depuis trois mille ans avant notre ère, reliquats de rites funéraires ou astronomiques oubliés.

J’étais maintenant prêt à partir à la chasse au poudingue dans son milieu naturel. Le traquer dans son essence, sans intervention humaine. Juste comme il sortit de terre en des temps immémoriaux. Et j’en trouve, vite. À travers champs et forêts, passant sous les fils barbelés et au milieu de troupeaux de taureaux menaçants, je suis une ligne : tous les quelques mètres, des rochers. Il ressemble un peu à des montagnes miniatures. J’empoche un caillou qui tient dans ma main en guise de trophée…

Finalement, à Malmédy, je n’y suis jamais arrivé. Je me suis arrêté à quinze kilomètres au nord-est de Wéris, avec comme matière déjà plus de 500 photos…

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