TIC, éducation et Open Source

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Le service podcasting de l’ULB 1 offre deux types de produits finis utilisables dans différents contextes. Il y a d’abord les « cours podcastés », donnés en présentiel et enregistrés en auditoire en format audio-vidéo. « Ces enregistrements permettent aux étudiants de compléter leurs notes, de revenir vers un passage qu’ils ont mal compris et vers la matière au cas où ils ratent leur examen, même des mois après », explique Nicolas Roland. Il existe ensuite des capsules pédagogiques en-dehors des cours : « Ça peut être un enseignant filmé en studio avec de l’animation en plus. Elles servent à approfondir certaines notions, préparer des travaux pratiques, comme des dissections d’animaux pour préparer les travaux pratiques de biologie ou des massages pour les cours en kiné. »

Les objectifs de ce service sont multiples : « La première mission, c’est le développement informatique pour offrir les différents types de produits. Nous avons développé notre propre infrastructure open-source. Appelée “EZcast”, elle a été conçue pour les enseignants qui ont pris part au processus de développement. » Cette volonté d’associer les enseignants est placée au cœur d’un processus de recherche et développement qui part de l’analyse des usages. Les nouvelles fonctionnalités proviennent d’une analyse des pratiques des utilisateurs et notamment de celle qui consiste à faire avec un outil autre chose que ce pourquoi il a été prévu. C’est ce qu’on appelle la « catachrèse ». « Les usagers utilisaient la vidéo de manière active alors qu’à la base, c’est un outil très passif. À partir de ces observations, nous avons développé un lecteur “EZplayer” qui va leur permettre de regarder la vidéo et de passer facilement du format audio-vidéo, au format diaporama et vice-versa ; de partager un moment précis d’une vidéo, d’annoter les vidéos avec des signets, qui peuvent être partagés et qui peuvent servir à faire de la recherche au sein d’une seule séance de cours, de tout le cours, de différents cours. »

L’accompagnement technique et pédagogique nécessaire pour permettre une utilisation pertinente de ces outils n’a pas été oublié. « Pour nous, poursuit Nicolas Roland, c’était important d’accompagner les étudiants pour les aspects techniques. Tout le monde ne possède pas les compétences nécessaires pour s’abonner à un site ou à un flux audio-visuel. On a aussi guidé les enseignants pour la réalisation des vidéos. » Aux professeurs, on montre comment transformer leurs cours en contenu audiovisuel ; aux étudiants, on explique comment apprendre avec ce contenu. Pour les enseignants, c’est un plan d’action systémique qui est mis en place. Si l’outil se révèle pertinent pour son cours, « on va réfléchir avec lui sur comment utiliser cette vidéo, comment la communiquer aux étudiants. Tout le processus de réalisation de la vidéo va lui permettre de réfléchir à comment il va donner cours, sur son support, sur son enseignement, etc. Certains professeurs vont passer dans des systèmes qu’on appelle “classe inversée ” 2 et transposer leur cours, complètement transmissif, dans un ensemble de vidéos, voire de documents annexes. Lors de la séance en présentiel, il va faire un cours en partant des questions des élèves, des difficultés qu’ils ont rencontrées. Ce cours sera axé sur les ré-explications qui seront faites d’une manière différente de ce qui était dans la vidéo. En présentiel, l’enseignant va pouvoir faire des choses beaucoup plus interactives, plus pratiques pour les étudiants. » Il s’agit donc de mettre un place un dispositif pédagogique et pas simplement de créer des vidéos.

Parmi les autres missions du service de Podcasting, citons l’
évaluation mais aussi la recherche appliquée (notamment en vue d’améliorer les produits open source) et enfin, le volet de recherche fondamentale « qui porte sur comment les étudiants intègrent le podcasting dans un environnement d’apprentissage qui est le leur ».

Cet encadrement représente l’investissement nécessaire à l’obtention d’une plus-value grâce à l’usage des TIC. « On va pouvoir montrer, avec la technologie, ce qu’on ne pouvait pas montrer avant. Mais pour cela, il faut accompagner les enseignants durant toute la réalisation technique et pédagogique, les aider à réfléchir, dans des canevas qui fonctionnent. »

Notes:

  1. http://podcast.ulb.ac.be/ 
  2.  Le système de classe inversée consiste à inverser le lieu d’enseignement avec le lieu d’apprentissage.

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