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« Egin » signifie « faire » en basque. Leur musique est inspirée des traditions populaires et folk mondiales, sorte de patchanka qui explore les genres musicaux les plus disparates.

EGIN, un groupe en lutte

Né en janvier 1999, le groupe EGIN propose une musique inspirée des traditions populaires et folk mondiales, des Pays Basques en particulier. Leur Patchanka embrasse le folk roots de l’Euskal Herria et de l’Amérique latine, épicé de rock, reggae, ska, blues, punk. Leurs paroles passent de l’italien à l’anglais, du français au basque, de l’espagnol au piémontais. Nous les avons interviewés sur scène, lors de leur participation aux Nuit du Paradoxe de mars, à la Casa Nicaragua.

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C4 : Vous êtes un groupe italien et vous avez un nom basque. Que signifie Egin ?

Fabrizio (chanteur d’Egin) : Egin est un mot basque que veut dire « faire ». Il y a beaucoup de raisons qui nous ont amenés à choisir ce nom. La première est que la langue basque euskara est, avec celle parlée en Laponie, l’unique langue pré-indoeuropéenne: la mère de toutes les autres langues. La deuxième raison, c’est qu’en juillet 98, au Pays basque, un quotidien et une radio du nom de « Egin » avaient été fermés. J’ai choisi ce nom non seulement pour rappeler cet événement qui consiste à nier la liberté d’expression, mais aussi pour le faire connaître en Italie. La dernière raison, c’est que nous aimons l’Euskal Herria, car comme le rappelle Jean-Jacques Rousseau, le peuple basque est un peuple à cheval sur les Pyrénées qui chantait et dansait beaucoup. Et les Basques lui donnent raison car ils chantent, dansent et luttent.

C4 : Quel est le lien que vous faites entre l’art et l’engagement politique ?

F. : L’art permet un point vue privilégié sur la quotidienneté par rapport à d’autres types d’expression. C’est un sentiment très fort qui nous amène, dans le quotidien, en-dehors de la musique, à pouvoir être toujours très attentifs aux injustices sociales. Et notamment au fait que 80% des ressources du monde appartiennent seulement à 20% de sa population. Pour arrêter les injustices sociales, il est nécessaire de rééquilibrer ce rapport.

C4 : Dans quelles luttes particulières êtes-vous le plus impliqués ?

F. : Nous venons de Turin, une ville industrielle connue notamment à travers la présence de la Fiat. Nous sommes sensibles à l’oppression de la Fiat sur les familles ouvrières. Mais nous sommes aussi très investis dans la lutte contre le projet de ligne ferroviaire TGV, que l’on veut construire près de chez nous à Val di Susa. Un mouvement de résistance populaire est actif contre ce projet. Je ne vais pas citer toutes les raisons qui nous poussent à refuser le TGV, je dirais juste que le train à grande vitesse est un bien-être pour tous quand tous les autres droits fondamentaux ont été satisfaits. Mais avant, il faut donner la priorité à ces autres droits.

C4 : Quels sont les thèmes de vos chansons ?

F. : Nous aimons partager avec le public des chansons de lutte. Nous essayons, à travers nos chansons, d’amener les gens à se donner les opportunités d’une vie meilleure.

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Un Jeu de rôles pour mieux comprendre les enjeux Nord-Sud

UniverSud est une ONG de coopération au développement active à l’Université de Liège, ce qui lui permet notamment d’amener une certaine expertise universitaire à ses interventions dans les pays du sud. L’ONG comporte aussi un volet de sensibilisation, éducation et développement, visant à sensibiliser la communauté universitaire, et principalement les étudiants, aux enjeux nord-sud.

La soirée organisée le 5 mars dernier en collaboration avec UniverSud, à la Casa Nicaragua, dans le cadre des Nuits du Paradoxe s’inscrivait en clôture de « Campus plein Sud », une série d’activités concentrées sur une douzaine de jours durant lesquels un thème est mis à l’honneur. Cette année, il s’agissait de l’accès à l’eau.

Cette soirée sur l’eau ne consistait pas en un simple débat. En effet, le thème était abordé à travers un dispositif d’animation particulier : le jeu de rôles. François Grenade, responsable d’UniverSud, explique de quoi il s’agit : « Ce n’est pas tout nouveau, c’est un moyen assez fréquemment utilisé dans les activités d’éducation et de développement, mais les jeux de rôles sont des moyens particulièrement intéressants de travailler une thématique. Les participants peuvent mieux, à travers les rôles qui leur sont impartis, comprendre et analyser les problématiques. A la Casa Nicaragua, il s’agissait d’un jeu de rôles sur les négociations climatiques, et les rôle étaient attribués en fonction des continents. Chaque continent avait une carte avec ses différents atouts et les domaines sur lesquels il acceptait de négocier : sa richesse, la répartition de la population etc. Ce jeu-là permettait de se rendre compte de la difficulté de trouver un accord international et, surtout, de comprendre la nécessité d’agir au plus vite pour construire une lutte internationale contre le réchauffement climatique. »

Ce soir-là, comme c’est souvent le cas dans la vraie vie, la tablée n’est pas arrivée à un accord. François Grenade raconte : « Ça a bloqué très rapidement mais par contre, comme souvent dans ce type d’animation, c’était très intéressant. Parce que comme les gens peuvent s’identifier à une situation, on a eu un débat vraiment très ouvert où ils s’impliquaient réellement. »

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