[Les Diogènes] “Récital boxon”

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Maïa, comédienne de formation, raconte s’être « constituée à travers le théâtre, la poésie et les rencontres avec diverses «communautés insurgées ». Elle précise : «Le théâtre que j’essaie de porter tente de découvrir des formes poétiques et subversives critiques du monde actuel, celles qu’on trouve encore partout, dans des lieux improbables. Nous cherchons avec Marolito une oralité vivante, hors académie, liée à la musique. Ma rencontre avec lui donne lieu à une certaine forme de “théâtre concert”. Marolito puise aux sources du flamenco pour rebondir ailleurs… »

Le croisement entre le spectacle et Diogène, pour Maïa, « ce serait peut-être le côté outsider, habitant le pays du refus! Même si le monde n’est pas seulement extérieur à nous : nous sommes aussi habités par lui, et par sa grande merde….et comme Diogène on aimerait que les dirigeants de ce monde s’écartent de notre vue… pour s’inonder de soleil ! »Dans la télé de Diogène, des extraits du spectacle “Récital boxon”.

« Etre parmi les histoires clandestines sans grand H, sans frontières. Des contagions c’est tout… Etre parmi les flammes fragiles sous les pluies artificielles, les grandes machines escortées de boucliers et de matraques avançant, carnivores de visages en plein jour. Une nuit, être parmi les torches qui percent l’isolement des camps quand de l’intérieur, on entend les cris « liberté » .[…] Cela se passe ici, cela se passe ailleurs, des barbelés, des foulards qu’on agite derrière des fenêtres…[…] Cette voix sans visage qui résonnait au bout du fil…Jamais vue, juste entendue… lue dans ses lettres. Elle est cet appel sourd, elle a un nom, elle porte d’autres noms restés derrière les grillages, elle leurs donne la force de résister…elle rêve de porter des chants, elle a vingt-deux ans, son nom à elle apparaîtra sur les premières pages des journaux pour un jour y disparaître définitivement. […]Belgique 22 septembre 1998 – stop. Sémira Adamu, 6ème tentative d’expulsion- stop. »

Maïa raconte : « C’était important pour moi de célébrer cette femme qui a porté une lutte importante au sein des centres fermés. Cette femme qui reste bien vivante. Pour sa lutte, à elle et aux autres, leurs chants et leurs évasions. Pour célébrer tous ceux qui luttent encore aujourd’hui dans les centres fermés et dehors, pour que disparaissent définitivement ces camps. Nous vivons un capitalisme violent qui porte ses coups. Une époque morose. Barbarie à tous les étages. Ni ce qu’on nomme art ou culture, ni la philosophie, n’échappent aujourd’hui aux marches mortifères des logiques marketing de ce siècle. Et toutes les logiques identitaires qui les accompagnent. Ces politiques policières modernes, criminalisant tous ceux qu’elles considéreront comme des parias, qu’ils soient réfugiés, immigrés, sans papiers, chômeurs, Roms, jeunes de banlieue, travailleurs licenciés, intérimaires, saltimbanques, personnes en luttes… »

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