15. [Les Diogènes] Je ne l’accepte toujours pas !

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Jeudi soir, 19h30, Ça caille. Le public cultureux commence à arriver. Et les militants du CRACPE à distribuer leurs tracts pour la manif du 3 avril : « Vottem, camp de la honte, 12 ans déjà… JE NE L’ACCEPTE TOUJOURS PAS ! » Un groupe de garçons et filles plutôt jeunes se mettent en cercle et commencent à balancer des percus, c’est le groupe Samba’ctiviste « Rhytms of resistance »…

Le CRACPE, « Collectif de Résistance Aux Centres Pour Etrangers », ce sont ces militants courageux et acharnés qui depuis plus de dix ans manifestent chaque semaine aux abords du Centre fermé de Vottem. Ils viennent aussi en aide aux migrants enfermés dans ces camps, leur trouvant des avocats, leur distribuant des cartes de téléphone, organisant des manifs nationales.

RHYTMS OF RESISTANCE, c’est ce groupe de samba militant, né dans le giron des centres sociaux liégeois, qui accompagne pas mal d’actions et de manifestations de résistance. Ils se présentent comme «Un réseau activiste et anticapitaliste transnational qui utilise la samba comme mode d’action politique… ».

Depuis plusieurs mois, les objectifs des deux groupes étant naturellement mêlés, la samba soutient et anime certains rassemblements du Cracpe, que ce soit à l’occasion de l’une ou l’autre démonstration de soutien plus importante, ou encore lorsque les provocateurs d’extrême-droite de « Nation » décident eux aussi de manifester, pour bien d’autres raisons, aux abords de Vottem.

Ensemble, ce soir, ils reproduisent une action de sensibilisation. Tractage en musique. Pendant 20 minutes, la samba est en action, et les percus de temps à autres ponctuées de slogans : « NO BORDER ! NO NATION ! STOP DEPORTATION ! » Puis, la samba se tait. France, militante de toujours, lit alors le témoignage d’un sans-papier, Ali.

« Ali a été placé en isolement/ accueilli au 127 bis par des agressions verbales : « sale profiteur , lâche »/ réveillé sans ménagement à 3h du mat et emmené à l’aéroport/ 2 agents de la police des étrangers viennent lui demander s’il accepte son rapatriement/ à son « non », il se fait de nouveau insulter/ d’abord 3 agents, puis 7…/ il avait soif/ il s’est rincé la bouche, méfiant, n’a avalé qu’une petite gorgée, mais le médicament commençait à faire effet/ mis à nu pour la fouille/ on lui a placé la fameuse ceinture/ elle bloque tout le thorax/ Ali leur a parlé de sa fracture à la main/ les agents ont pris peur, ont vérifié l’info, étaient étonnés qu’il ne mente pas/ Ali leur a dit qu’ils auraient une surprise dans l’avion/ Une bombe?/ Sûrement pas, moi, je ne m’en prends pas comme vous à des innocents/ l’avion était plein/ Ali a réussi à parler aux passagers/ son histoire : en Belgique depuis 10 ans, sans casier judiciaire/il était rouge au visage et transpirait/ certains l’ont défendu/ le commandant de bord a refusé de décoller/ la prochaine fois ils utiliseront un avion militaire»

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