Le Bon Appétit ! Cocido

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C’est un rude hiver. Que de neige, que de neige ! Les mouettes sont muettes, les canards hagards et, de blanc tout repeints les pins ploient sous le poids du trop plein. Déjà le soir tombe, les tons ternes et gris envahissent le jardin. Rideau. Elle ferme le rideau de la cuisine, laissant là l’hiver. Ici c’est plein soleil. Elle prépare un cocido. Les pois chiches qui trempent depuis douze heures dans de l’eau froide avec une pincée de carbonate de soude, vont passer à la casserole. Quelle chance ils ont ! La belle les a choisis bien gros, bien dodus et de l’année. Elle les mouille d’une quantité appréciable d’eau et les accompagne d’un morceau de lard de poitrine et d’une ou deux rondelles de jarret de bœuf bien moellé. Elle allume le feu. (On peut mettre dans ce cocido selon le budget et le goût, toute viande mijotable : poule, langue, joue….) A l’ébullition, elle écume puis aromatise : thym, laurier, graines de coriandre, oignon piqué de girofle, ail et le sel après une heure de cuisson. (Les légumes secs sont plus tendres et fondants s’ils sont salés à mi-cuisson.) Pendant que ça frichtouille, elle pèle, coupe, nettoie les légumes : carottes, chou, navets, céleri rave, panais….ad libitum. Elle les ajoutera une demi-heure avant la fin de la cuisson. Le cocido cuit lentement deux heures, voire trois selon les paramètres, le temps de s’installer au salon un petit vin blanc à la main et les pieds au chaud dans les chaussons.

Il fait froid dans ce salon…Une main sur le radiateur…Glacé…C’est l’horreur, c’est l’enfer, la chaudière ne tourne plus guère. Elle rend et range son tablier de cuisine pour enfiler un bleu de chauffe plus approprié et sans se démonter se met à démonter la machine infernale. « Tu vas voir de quel bois je me chauffe ! » lui lance- t’elle les outils à la main. Elle s’attaque aux raccords, aux manchons, aux siphons, aux mamelons, aux bouchons ; elle visse, dévisse, purge, serre, desserre, se pince, fulmine et jure…Un racagnac…Il lui faudrait un racagnac !

SMS : « Cher voisin, suis en panne, auriez-vous un racagnac avec ses douilles ? »

Le temps passe, le voisin ne répond pas. Il fait de plus en plus froid. Elle va à la cuisine se réchauffer à la casserole, ajoute les légumes, du chorizo en rondelles et de la morcilla pour les amateurs, rectifie l’assaisonnement. Dans une demi-heure elle coupera les gaz et le cocido attendra jusqu’au lendemain.

Elle n’a qu’une malheureuse couverture pour affronter une nuit glaciale. Elle réessaie le voisin. « Oubliez le racagnac pour l’instant, n’auriez-vous pas une couverture à me prêter ? »
Passe un temps, toujours rien du côté du voisin. Passe la nuit, arrive le matin…
— Que faites-vous là dans mon lit ?
— Mon chauffage est en panne, votre téléphone sourd et muet, vous me laissez en rac sans racagnac et sans couverture et vous me demandez pourquoi je suis dans votre lit ?
— Nue comme la main ?
— Difficile de faire sécher ma robe de nuit sans radiateur, le pilou ça ne sèche pas vite.
— Bon ! Café ou thé ?
Dans le cocido, à la dernière minute, on peut ajouter des vermicelles, mais on peut préférer des pommes de terre.
— Délicieux, votre plat espagnol… Vous croyez que vous arriverez à réparer votre chaudière ?
— Ca peut prendre quelques jours !
— Après tout, il n’y a rien qui brûle… olé ! – Nue comme la main ?
— Difficile de faire sécher ma robe de nuit sans radiateur, le pilou ça ne sèche pas vite.
— Bon ! Café ou thé ?
Dans le cocido, à la dernière minute, on peut ajouter des vermicelles, mais on peut préférer des pommes de terre.
— Délicieux, votre plat espagnol… Vous croyez que vous arriverez à réparer votre chaudière ?
— Ca peut prendre quelques jours !
— Après tout, il n’y a rien qui brûle… olé !

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